Quelle vie de fourmi!

Retour sur mon premier mois de vie active depuis notre voyage

Aujourdhui nous sommes le 12 avril 2018, voilà un mois, jour pour jour, que jai repris mon activité salariée : même équipe, même poste, même ordi, même machine et projets similaires. Ne men déplaise, il sagit tout de même de toute ma vie professionnelle jusque-là. Pourtant jai, depuis notre retour, un regard un peu différent sur ce quest notre vie. Je mexplique.

5h15, chaque matin,  mon portable démarre une douce sonnerie, choisie joyeuse, pour me dire : lève-toi petite fourmi, cest lheure ! Eh oui, il me semble, que ces temps, je suis comme une petite fourmi travailleuse (comme chacun dentre nous dailleurs). Au crépuscule déjà, les lumières sallument dans la fourmilière au fin fond du Doubs, puis la petite fourmi participe à un défilé automobile sur les routes frontalières et suisses (routes totalement asphaltées et parsemées de panneaux routiers). Petite fourmi rejoint son lieu de travail aux premiers rayons du soleil et jusquau soir, elle sactive, fait avancer les projets, répond aux missions quotidiennes, débat de sujets importants, retraite des résultats pour répondre aux questions... Seuls les temps de pause permettent à la petite fourmi déchanger sur ses activités annexes avec dautres fourmis. On se surprend alors à discuter des émissions télé regardées la veille ou lavant-veille et à faire des plans sur les jours à venir : « que vas-tu faire ce week-end ?? » Réponse : « je vais faire la Cigale ! » Cela signifie profiter de la famille pour certaines et pour dautres, cest loccasion de se reconnecter à la Terre, mère nourricière de chacune des fourmis dailleurs.

Je ne sais pas si je délire ou si lapproche de la quarantaine me rend plus sage et réaliste.

Chaque fourmi, autour de moi, dispose de tout ! Leau coule à flot aux robinets, les services dapprovisionnement en nourriture sont disponibles partout, pas de séisme ou de volcan en activité à lhorizon ; un réseau routier parfait, où même les axes secondaires et tertiaires sont asphaltés et ne risquent aucun dégât par temps de pluie ; un service de santé à proximité de chacun et sûrement mieux équipé quen Amérique latine Pourtant Pourtant, il manque une chose cruciale dans  cette vie de petite fourmi : il nous manque du temps ! Toutes les fourmis que jai rencontrées ce mois-ci courent après le temps, quil soit pour répondre à un besoin professionnel ou privé. Montre au poignet, lorsque la « douce sonnerie choisie joyeuse » retentie à 5h15, cest le début dun sprint quotidien pour toutes les petites fourmis que nous sommes. Alors on rêve dêtre une cigale, au moins deux jours par semaine. On rêve de pouvoir profiter du moment présent avec ses proches.

La morale de la journée ressemble assez à celle de la fable Jean de la Fontaine. Il faut travailler pour survivre et ne pas trop rêvasser, car on ne peut compter que sur soi-même ; certains dentre nous peuvent sappuyer sur la générosité et la bienveillance des fourmis voisines, mais bien rare et précieux sont les voisins attentionnés

Mais il y a une deuxième morale, plus subtile car sûrement moins tranchée, qui découle de la question suivante : faut-il être comme la fourmi, travailleuse, froide et un peu égoïste ? Ou mieux vaut-il être telle la cigale, insouciante, généreuse qui profite de l'instant présent ? Voilà à vous de choisir mais si je devais vous donner un conseil : ce serait de ne pas oublier la cigale qui sommeille en chacun de nous !

Date de dernière mise à jour : jeudi, 12 Avril 2018